Call for Papers – Appel à Communications

The closing date for submissions is set to September 30 2015.

The proposals should apply to one of the follow four themes

Theme n° 1: Conflict and cooperation over water

The introduction of new techniques to cope with increasing water demand and the emergence of new actors has profoundly challenged the existing arrangements of water management, which have to be reframed. As they reflect the key divisions, rankings, statuses of society, new forms of conflicts have emerged.

The purpose of this first theme is to study the various forms of “embeddedness” of water within the social fabric and how it can become a source of conflict, solidarity and cooperation. Such questions can be understood at all scales, considering major international water basins or “water gifts” among neighbors.

Keywords: embededness, hydropolitics, hydrosocial cycles

Theme n° 2: Rescaling water policies

After the Dublin Conference (1992), many African countries adopted water basin management, which was presented as the ideal spatial framework for addressing water-related issues. This choice is not « neutral » politically and corresponds to a specific development logic.

Research has shown that in many cases, water basin management is difficult to implement and inadequate. The question therefore becomes: how is it possible to organise water management in Africa on other territorial scales, or following other logics?

In the specific context of fragile states, this theme fits into the current debate on the choice between watershed and problemshed management and on the spatial framework of public policies or, in other words, « scalar policies ».

Keywords: IWRM, watershed/problemshed, scalar policies.

Theme n°3: Coping with Risks and Uncertainties

Droughts and floods in Africa are of course related to natural hydrological patterns influenced by high climate variability, whether in the Mediterranean regions, southern Africa or the Sahel. But the consequences of climatic events are exacerbated by political risks and uncertainties.

In the long term, uncertainty around climate change should be also taken into account within water management. The coalescence of risks and uncertainties produces « complex emergencies », in which the food-energy-climate nexus is a central issue in the African context.

To cope with climate variability, highly sophisticated water management models have been designed. But their relevance is limited without any action on the vulnerability and resilience of local populations. One of the major questions of this theme is the reconciliation between the two approaches which are generally studied separately: action on variability, through technical means such as large dams and water transfers on the one hand and on the other hand action on vulnerability and resilience through social policies.

Keywords: complex emergencies, socio-ecological systems, climate change, food-water-energy nexus, resilience.

Theme n°4: Justice and injustice in water access

Access to water is one of the major challenges on the African continent, yet it is often considered solely through the narrow lenses of water and sanitation statistics or water prices. The question of justice (and injustice) in water access is however much more complex. For instance, it also encompasses issues of water sharing in agricultural areas, and access to land and water. In rural areas, the issues of land and water are intimately linked, whether in traditional irrigated areas or in the case of land grabbing, which is often accompanied by water resource grabbing.
In this perspective, we would like to examine the questions: “what justice for what waters? And what justice for which actors?”

Keywords: environmental justice; water and sanitation access, land grabbing and water, the right to water.


La date limite est fixée au 30 septembre 2015

Les communications devront s’intégrer dans les quatre thématiques suivantes.

Thème n°1 : Compétitions, conflits et coopérations autour de l’accès et des usages de l’eau.

La compétition pour l’accès à l’eau ne cesse de croître : partout les usages se diversifient, les besoins en eau augmentent et les nouvelles techniques telles que les forages permettent d’utiliser des ressources plus lointaines. De nouvelles situations et rapports à l’eau émergent, perturbant les relations de domination et donc de partage de l’eau, et ce à toutes les échelles, des grands bassins internationaux aux « échanges » d’eau entre voisins. Il faut alors décrypter les différentes formes d’enchâssement (embeddedness) de l’eau dans les sociétés, et de voir comment elle devient source de compétitions, de conflits ou de coopérations.

Accès et gestion de l’eau comme ressource relèvent de dispositifs dynamiques de gestion à plusieurs niveaux, objets de ponctuelles qui reflètent les clivages sociétaux. Par dispositif, nous entendons non seulement les modalités institutionnelles ou organisationnelles par lesquelles passent l’accès à la ressource et la gestion de la ressource mais également les perceptions et les systèmes de valeur qui fondent, ou non, leur légitimité.

Mots clés : enchâssement, hydropolitique, cycles hydrosociaux, dispositifs de gestion.

Thème n°2 : Echelles et modalités de la gestion de l’eau

Après la conférence de Dublin (1992), de nombreux pays africains ont adopté la gestion par bassin versant, présentée comme le cadre territorial idéal pour régler les problèmes liés à l’eau. Ce choix n’est pas « neutre » politiquement, et propose une justification hydro-écologique pour la gestion. Mais dans le même temps, il correspond à des logiques et des modèles de développement particuliers, qui tentent de rompre avec les politiques sectorielles mises en place précédemment.

Dans de nombreux cas, ce mode de gestion paraît difficile à mettre en œuvre et inadapté, comme l’ont montré de nombreux articles académiques. Il s’agit alors de voir comment peuvent s’organiser des modalités de gestion de l’eau en Afrique à d’autres échelles territoriales, ou suivant d’autres logiques Et comment les pays et les populations s’adaptent ou non à ces différentes politiques, qui entraînent une redéfinition de la gestion locale de l’eau par un processus de dialogue et/ou de confrontations entre les acteurs traditionnels (Etat, experts, collectivités locales) et de nouveaux acteurs (groupes sociaux, mouvements associatifs ou société civile, et secteur privé).

Ce thème s’insère dans les débats actuels sur le choix de gestion « par bassin » ou « par problème » (watershed/problemshed) et sur celui de la spatialisation des politiques publiques ainsi que les luttes entre acteurs pour le contrôle de l’eau (« scalar policies and politics »).

Mots clés : GIRE, Watershed/problemshed, échelles, territoires.

Thème n°3 : Faire face aux incertitudes et aux risques

Les sécheresses et inondations qui touchent le continent africain sont bien sûr liées au fonctionnement des hydrosystèmes marqués par une forte variabilité climatique, que ce soit dans les régions méditerranéennes, sahéliennes ou en Afrique australe. Ces hydrosystèmes sont également fortement modifiés par les diverses solutions techniques choisies (endiguement, barrage, canaux ou tout infrastructure empêchant l’eau de s’écouler ou de s’infiltrer). Choix techniques qui eux-mêmes sont dépendants des financements étrangers ou nationaux (que ce soient les investisseurs, les bailleurs et les IFI ou les ONG) mais aussi des « instabilités politiques ». A plus long terme, des incertitudes face au changement climatique doivent être prises en compte dans la gestion des hydrosystèmes. On assiste ainsi à une coalescence des risques et incertitudes dans des « complex emergencies », pour lesquelles par exemple le lien énergie/alimentation/climat doit être considéré.

Pour faire face à la variabilité climatique, des modèles de gestion de l’eau, parfois très élaborés ont été conçus. Mais leur pertinence est limitée sans une prise en compte des vulnérabilités et de la résilience des populations locales qui ont développé leurs propres stratégies pour faire face ou contourner les risques de sécheresse et d’inondation.

Mot-clés : Complex emergencies, changement climatique, food-water-energy nexus, résilience.

Thème n°4 : Justice et injustices dans l’accès à l’eau.

L’accès à l’eau est à juste titre présenté comme un des principaux défis du continent africain, en retard sur les objectifs du Millénaire (2000-2015). Souvent envisagé sous l’angle très restrictif des statistiques de l’accès minimal à l’eau et à l’assainissement ou du coût de l’eau, sans prendre en compte le droit à l’eau, cette question concerne également la question du partage de l’eau dans les zones agricoles, avec le problème de l’accès à l’eau d’irrigation et à la terre. Dans les zones rurales en effet, les questions de l’eau et du foncier sont intimement liées, que ce soit dans les zones irriguées traditionnelles ou dans les processus actuels d’accaparement de terres, qui s’accompagnent souvent de l’accaparement des ressources en eau.

Cette question de la justice (et des injustices) dans l’accès à l’eau est plus complexe qu’il n’y paraît. Cela demande une analyse poussée des « habitudes de vie » et du rapport à l’eau des populations et recoupe évidemment des questions communes avec la notion de justice environnementale (justice procédurale, justice environnementale) ou celle de justice spatiale, mais aussi des interrogations propres au domaine de l’eau. Nous souhaiterions ici examiner les questions : quelle justice pour quelles eaux ? et quelle justice pour quels acteurs ?

Souvent la notion de justice (entendue par le droit, la participation et la solidarité) est limitée à une partie du cycle de l’eau qui fait l’objet de « démocratie participative » à l’échelle locale, le reste étant hors du contrôle des populations. De même, la question de la juste répartition des eaux se pose avec acuité entre des populations éloignées, par exemple personnes affectées par un barrage et les bénéficiaires du projet dans les grandes villes, à l’heure du « retour » de la grande hydraulique en Afrique.

Mots clés : justice environnementale; accès à l’eau et à l’assainissement accaparement de terres et de l’eau, droit à l’eau.